QUATRE FRÈRES MONDENARD À CADILLAC ET BORDEAUX

L’INTERROGATOIRE DU CITOYEN PIERRE MONDENARD

VI PIERRE DE MONDENARD DE ROQUELAURE, surnommé l’aîné habita Cadillac, déclara la naissance de ses premiers enfants à Montprimblanc puis élit domicile à Bordeaux. Il fut soupçonné de mener des activités contre-révolutionnaires et fut interrogé le 30 thermidor an VII à Bordeaux, maison des orphelines (90). Lors de son interrogatoire il répond qu’il n’a que deux frères : il cite Guillaume et Claude qu’il déclare décédé au retour de l’armée. Disait-il la vérité ou protégeait il la vie d’un frère vivant dans la clandestinité. Les registres paroissiaux lui attribuent de nombreux enfants issus de son union avec MARIE DULORD ou MARIE DELORME. Nous ignorons le lieu et la date du mariage.

1° Jean, né le 12 décembre 1788 et baptisé à Monprimblanc (91) Parrain, le métayer ; marraine, la domestique.

2° Isabelle baptisée et née le 3 mars 1790 à St-André de Bordeaux (92) Parrain Claude Villard Mondenard ; marraine Elisabeth Lagarrigue.

3° Jean-Pierre baptisé le 8 septembre 1791 à St-André de Bordeaux, né la veille Cours d’Albret à Bordeaux ; parrain et marraine Jean-Pierre et Elisabeth Cardes (93).

4° Jean baptisé le 23 décembre 1792 à Monprimblanc ; marraine Marie de Mondenard, parrain Jean, mère Marie Dulord (94).  

5° et 6° Arnaud et Claude, jumeaux, nés le 17 nivose an II - 26 janvier 1794 (95)

7° Marie Rose Victoire née le 26 mai 1795 déclarée à l’état civil par son oncle Guillaume et sa tante par alliance Marie Rose Victoire Provins épouse de Claude Villard Mondenard (96).

8° Marie, née le 15 nivose an VI – 3 janvier 1798 (97).

Les quatre enfants plus jeunes sont nés 85 rue de la Trésorerie à Bordeaux.

LE CHEVALIER DE ROQUELAURE

VI GUILLAUME DE MONDENARD DE ROQUELAURE, dit Chevalier de Roquelaure, né vers 1760, fut lieutenant au cinquième bataillon du Bec d’Ambes. Il l’était encore le 27 nivose an III lors du mariage de son frère Claude. Il habitait  8 rue Rousseau.

Il épousa le 12 mai 1789 ANNE BONGRAND (98), fille de feu Jean Bongrand, Bourgeois. La cérémonie religieuse eut lieu en l’église St-Seurin de Bordeaux, paroisse St-Projet. Elle est décédée à Bordeaux le 3e jour complémentaire de l'an XI.

On leur donne trois enfants :

Claude de Mondenard, né et baptisé à St-André de Bordeaux les 8 et 9 août 1787 (99) parrain Claude de Mondenard, marraine : Marie Rose Laborde son aïeule.

Marie-Anne de Mondenard née le 27 juin 1789, baptisée le 30, parrain Pierre de Mondenard représentant son frère Claude ; marraine Marie-Rose Laborde aïeule (100). Marie-Anne se maria au Chef de Bataillon retraité Valentin Léonard LABORDE à Bonnut (Pyrénées Atlantiques) le 6 février 1826. Il était décoré de la Croix de Saint-Louis et de la Légion d'Honneur et fut maire de la commune de Bonnut. Veuve, elle est décédée onze ans après son mari, le 23 décembre 1865. Une cérémonie originale "à l'heure napoléonienne" fut organisée le 11 février 2013 à la mémoire du Commandant Laborde, devant leur ancienne maison. Un article intéressant et des photos de Jean Sarsiat rendant compte de cet événement ont été publiés dans Sud-Ouest. D'autres photos sur le blog de Jean Sarsiat.

Maison-Laborde-Bonnut

Joseph Mondenard baptisé le 5 octobre 1790 à St-André de Bordeaux et né la veille (101).

LE CAPITAINE MONDENARD DANS L’ARMÉE DE LA RÉPUBLIQUE

VI CLAUDE DE MONDENARD dit aussi VILLARS DE MONDENARD, héritier du nom de Villars par sa grand mère maternelle naquit le 11 mai 1764 et fut baptisé à St-André de Bordeaux le lendemain (102). Il eut pour parrain Claude Dacosta et pour marraine Antoinette Couderc son épouse. Il habitait au 6 rue de la Trésorerie, rebaptisée rue Brutus pendant la Révolution. Il fut dès son engagement le 8 septembre 1791, Capitaine au 3° bataillon du Bec d’Ambez. Puis son bataillon servit à constituer la 65e demi-brigade d’infanterie. Il fit trois campagnes de guerre de la Révolution. Le 21 vendémiaire an III de la République, alors que son bataillon se trouve sous les murs de Mayance, il est admis à l’hôpital, comme deux autres capitaines de la 65e demi-brigade. Le 8 brumaire, il part en convalescence à Bordeaux. Le 13 germinal, il fait une demande au Comité de Sûreté générale pour être affecté dans le régiment des Pyrénées Occidentales afin d’y faire la prochaine campagne et « verser son sang comme dans les précédentes et mourir à son poste comme il convient à un bon et franc républicain »(103). Sa demande fut refusée.

L’héritage de la Maison de Villars provenait de Pierre de Villars, Ecuyer, Seigneur de la Jalle, gentilhomme ordinaire du prince de Conti. Il était décédé à St-Martin de Cadillac en 1703 n’ayant eu qu’une fille Jeanne de Villars de son mariage avec Elisabeth Dacosta fille de feu Blaise Dacosta et d’Agnès Dasilva et héritière de son oncle paternel François Mendes de Castro. Six mois après la naissance de Jeanne, sa mère se remaria par contrat devant maître Grégoire le 21 juin 1704 (104) et en l’église St-Éloi de Bordeaux le 8 juillet 1704 avec noble Noël de Bonnefont, Ecuyer, seigneur de Boismartin et de La Caussade né en 1667, mort à Boismartin le 13 février 1744 et inhumé le 14 en l’église de Penjard.

En 1716,  Jeanne de Villars avait 12 ans lorsqu’elle se retira contre le gré de sa mère chez les Ursulines de St-Macaire. Elle se maria le 28 février 1724 en l’église St-Siméon de Bordeaux à maître Pierre Laborde, Procureur au Parlement (105). Elle avait préalablement adressé trois actes respectueux à sa mère qui transigea avec elle le 20 février 1724 au sujet de ses droits paternels (106) et par testament elle lui fit un legs de 500 livres. Jeanne de Villars mourut en 1757, laissant à sa fille Marie-Rose de Laborde, le nom et l’héritage des Villars. Ce qui explique que son troisième fils, Claude, porta le nom de Villars de Mondenard.

On ne sait si Claude était officiellement marié avec DOROTHÉE DUFAU dont il eut un fils, né avant son incorporation comme capitaine au 5e bataillon du Bec d’Ambes. Mais on sait qu’il eut un deuxième fils avant de tomber malade et qu’il se maria pendant son congé de convalescence le 27 nivose an III avec la mère de ce deuxième fils MARIE ROSE VICTOIRE PROVIN , fille de Robert, Joseph dit LAMBERT et de Marie Robert ( 107). Ils reconnurent leur fils à leur mariage. Lors de son interrogatoire le 30 thermidor an VII, Pierre précisait que son frère Claude était décédé « en revenant de l’armée ». Pouvait-il prendre le risque de mentir ?

Les deux demi-frères Villars Mondenard furent Guillaume et Charles :

VII GUILLAUME DE MONDENARD alias VILLARS DE MONDENARD, né le 29 septembre 1790 (108) à Bordeaux. Parrain, son oncle Guillaume ; marraine, sa tante Marie Duffau. Il fut militaire, médaillé de Sainte Hélène et titulaire d’une pension de retraite de l’Octroi de 842,96 francs. Sa veuve, JEANNE DE MONDENARD, ne recevra que la moitié de son allocation après sa mort, le 3 février 1861 à St-André de Cubzac(109). Elle était fille de Blaise de Mondenard de Pézelin et fut surnommée Désirée; elle est décédée le 15 novembre 1868 au Château de Géneau à Virsac. Guillaume est le dernier de la branche de La Passonne, aînée des branches bordelaises.

VII CHARLES, Marie, Claude DE MONDENARD  alias VILLARS DE MONDENARD naquit à Grenoble le 10 janvier 1793 (110) . Il avait été éduqué dans une école militaire et serait décédé avant 1850. Il ne paraît pas avoir atteint le grade d’officier. Il n’aurait pas eu de descendance. La propriété de Samonac échut à ses tantes maternelles (111).

LE MYSTERIEUX QUATRIEME FILS DE ROSE LABORDE

Si l’on en croit le Dictionnaire de la noblesse de La Chenaye-Desbois, Rose Laborde eut quatre fils : « Pierre, Guillaume, Claude et un autre fils » ce qui suppose que les sources du généalogiste datent de 1766, même si l’édition est de 1774.

Nous trouvons cependant PIERRE DE MONDENARD qui épouse à 40 ans (ce qui lui fait le même âge que Pierre aîné)MARIE CATHERINE DELHOMME fille de feu Léonard Delhomme de Limoges et de Marie Déchamp (112). La proximité des consonnances des noms Delhomme, Delorme, Dulord tous associés au même prénom de Marie peuvent laisser penser qu’il s’agit de l’épouse de « Pierre ayné » et qu’il n’y a donc pas deux Pierre même si le 65 et le 85 de la rue de la Trésorerie ne sont pas la même maison.

C’est donc Pierre l’ayné ou son frère qui est l’un des héritiers particuliers d’Elisabeth-Angélique de Mondenard épouse du Marquis d’Antin. Elle avait laissé quelques biens à son cousin Mondenard Lalesque. Pour recevoir cet héritage, il fit établir un acte de notoriété pour lui et ses enfants le 25 novembre 1807 (113). Cependant les enfants mentionnés dans l’acte de notoriété ont des prénoms et des âges qui ne paraissent pas pouvoir être confondus avec ceux de Pierre ayné :

1° Elisabeth née en 1791 pourrait être éventuellement Isabelle baptisée le 13 mars 1790.

2° Felix né en 1794 pourrait être l’un des jumeaux Arnaud ou Claude nés le 17 nivose an II

3° Marinette née en 1865 a sept ans de moins que l’autre Marie dont on ne parle plus.

Dans ce cas cela supposerait qu’il aurait perdu 6 enfants : 4 fils et 2 filles seraient morts jeunes dans la tourmente révolutionnaire.

L’autre hypothèse est que Pierre ayné, par précaution et pour la sécurité des siens, préfère continuer à prendre le risque de travestir la vérité.

Nous trouvons par exemple à Bordeaux le décès à 80 ans d'Élisabeth de MONDENARD, le 21 février 1866, native de Bordeaux, veuve d'Antoine-Marie BEAUJOUAN-DUPLESSY. Fille de Pierre de MONDENARD et de Marie DELORME.

Nous trouvons aussi le décès le 19 novembre 1848 à 28 ans de Marie BEAUJOUAN-DUPLESSIS, née à Bordeaux, veuve d'Etienne François LORBAN, capitaine de navires et fille d'Antoine-Marie BEAUJOUAN-DUPLESSIS et d'Élisabeth de  MONDENARD.

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90 – A. M. de Bordeaux Î 88

91 – A. D. Gironde E 4 E 3434 Monprimblanc

92 – A. D. Gironde 4 E 273

93 – St-André de Bordeaux GG 140 Acte 65

94 – Mairie de Monprimblanc 23/12/1792.  Le registre porte « Jean fils naturel du sieur Pierre » et le mot naturel y est rayé.

95 – A. D. Gironde 1 E 4

96 – A. D. Gironde 1 E 7

97 – A. D. Gironde 1 E 16

98 – Pierre Meller – Etat civil des familles bordelaises. St-Seurin, mariage n°478

99 – A. D. Gironde St-André de Bordeaux GG135 Acte 766 (acte 751)

100 – A. D. Gironde St-André de Bordeaux GG 139

101 – A. D. Gironde St-André de Bordeaux 4 E 273

102 – A. D. Gironde St-André de Bordeaux GG 114, n° 1668

103 – S.H.A.T. dossier Xb 208 (56 à 68) et Officier 1791-1847.

104 – A. D. Gironde 7 E 6782

105 – A. D. Gironde garde note E 392

106 – A. D. Gironde minutes de Bouan, notaire à Bordeaux

107 – A. M. de Bordeaux Mariage 104-27 page 106

108 – A. M. de Bordeaux GG 139 n°199

109 – A. M. de Bordeaux Livre des délibérations, retraite de 842,96 Francs

110 – A. M. de Grenoble Registre 1793 n°7

111 – Notes familiales non confirmées par des actes.

112 – A. M. de Bordeaux 2 E 11 – 12 messidor an IV

113 – Testament d’Angélique, Marquise d’Antin de Saint-Pée, A. D. Gironde 3 E 22460