32 - Un étrange procès à Cazes-Mondenard
Un document de 1318 révèle que les Gourdon supervisaient la justice à Mondenard à cette époque puisque le bayle de Mondenard préside à un procès pour Gaillard de Gourdon, seigneur de Sauveterre et coseigneur de Mondenard. Guillaume de Lagarde, le bayle de l’époque, siège pour un procès près de l’église Saint-Maixent. Il est assisté d’un consul de Mondenard qui ce jour là, le mardi avant la fête de Saint-Cirice, était Bernard Textor du lieu de Castanet. (Textor signifie tisserand)
Ce mardi-là, il reçut la plainte de Pierre, fils d’Etienne Lagranel, habitant de la Nogairède. Donc, déjà en 1318, le lieu de Nougarede faisait partie de la paroisse de Tissac, mais il n’est pas certain que le lieu de Lagranel existait à cette date. Soit la famille d’Etienne Lagranel était sortie du hameau de son nom pour s’installer dans le hameau au-dessus; soit les descendants d’Etienne Lagranel construisirent après 1318 une nouvelle maison à qui ils donnèrent leur nom. Nougarède évoque la culture des noix, alors que Lagranel celle des céréales.
Pierre de Lagranel après avoir prêté serment déclare qu’un “ quidam, plein du malin esprit contre Dieu et la justice l’aurait grièvement battu à coup de pierres, ainsi que Guilhamette Lagranel et Guilhem Lagranel son frère. ” Les coups furent si violents qu’ils furent tous les trois grièvement blessés. Pierre Lagranel, le seul survivant demandait réparation. L’agression aurait eu lieu il y a plus de cinq ans.
Le bayle commanda une enquête, et quand il en eut le résultat, le vendredi après la fête de Saint-Thomas, il conclut en présence de trois consuls de Mondenard que le plaignant recevra à titre de dommages-intérêts, la somme de 9 livres cahorsines. Les trois consuls présents étaient Bernard de Bouloc (beau lieu), Guilhem de Buxo ( bois de buis) et Arnaud de Pelhicier (marchand de peaux et fourrures). Il existe toujours aujourd’hui un lieu du nom de Pellissier près de Sauveterre. On voit que le consulat à Mondenard était partiellement héréditaire puisque quelques cinquante ans avant, les parents de deux d’entre eux, Bernard de Buxo et Raimond Pellicier, étaient déjà consuls.
L’acte fut dressé par Arnaud de Lacombe, notaire et en présence d’autres notaires de la juridiction : Arnaud de Naranhas et Bernard de Tala, notaires de Mondenard, Étienne de Doglar et Bertrand de Larena, notaires de Martissan, Gasbert del Capelar de Tissac, Raymond de Mote et Pierre Julien autres notaires. À l’époque, les notaires étaient nombreux. (Abbé Taillefer, BSATG N° XXIX, p.378 )