19 - L’ascension des frères d’Armand de Mondenard (14 août 1260)
Nous avons vu qu’Armand de Mondenard, fils d’Arnaud de Montaigu avait quatre frères.
Arnaud, l’aîné eut en héritage la baronnie de Montaigu et devint le premier baron de l’agenais après son père. Bertrand et Gaillard furent moines de l’ordre de Cluny où ils se rendirent célèbres. Sicart, le plus jeune, parviendra plus tard à se faire désigner et élire évêque de Cahors.
Dans les années 1259 -1260 les deux moines de Cluny se distinguent. Ces deux frères d’Armand de Mondenard réussirent à se faire élire à la tête de puissantes abbayes de la région : Moissac et Figeac.
Bertrand d’abord prieur de Castelsarrasin et aumônier de St-Théodard après la donation de la Seigneurie de Mondenard au comte Raymond VII de Toulouse, devint en 1251 prieur de l’Église Notre de Dame de la Daurade à Toulouse et se fit apprécier des ministres du nouveau comte. Il est élu abbé de Figeac en 1254 et montre ses compétences juridiques en défendant l’indépendance de son abbaye contre les ingérences de Barthelemy, évêque de Cahors. C’est encore l’époque où les clergé régulier dépend directement du Pape de Rome et conteste la tutelle du clergé sécilier. De son côté Gaillard, moine de l’abbaye de Moissac est élu prieur du prieuré de Rabastens, mais Guillaume de Bessens, abbé de Moissac avait un autre candidat. C’est le conflit ouvert. L’abbé Guillaume s’attaque non seulement à Gaillard, mais aussi à Bertrand, il licencie les clercs que Bertrand avait nommés à Toulouse. Bertrand et Gaillard portent l’affaire devant l’abbé de Cluny qui renvoie les protagonistes dos à dos en annulant tant la nomination à Rabastens que les licenciements. Guillaume de Bessens meurt brusquement quelques semaines plus tard. Le 8 mai 1260 Gaillard est élu par les moines de Moissac pour faire partie des cinq moines chargés de trouver un nouvel abbé. Le 14 août Bertrand de Montaigu est élu abbé de Moissac, laissant à son frère Gaillard l’abbaye de Figeac. La famille seigneuriale de Mondenard étend ainsi son influence en contrôlant une partie importante du clergé régulier de la région.