16 - La vigne et le vin à Cazes-Mondenard au XIIIe siècle
La charte de coutumes de Mondenard octroyée par le comte de Toulouse à son article neuvième est le premier texte connu qui parle de vin vendu et acheté au marché de Mondenard. L’acheteur devait payer un impôt d’un denier pour une grosse charge de vin portée à dos d’homme. Un autre texte, écrit dix ans plus tard, montre que la culture des vignes était traditionnelle à Mondenard. Raymond de Mondenard a des vignes dans la circonscription, il y possède aussi des jardins maraîchers. Son frère Bernard de Mondenard a uniquement des vignes. Armand de Mondenard détient non seulement des vignes à Mondenard mais aussi à Moncuq. Mais ces trois chevaliers font exception car les autres propriétaires de fiefs à Mondenard comme Bernard de Narcés et les frères d’Encailhac ne possèdent pas de vignes. L’activité viticole est clairement soutenue par la famille seigneuriale et cela deviendra une tradition séculaire. Le député Adolphe de Mondenard interviendra à l’Assemblée nationale en 1888 pour une nouvelle politique dans la lutte contre le phylloxera. Il sera aussi l'auteur de plusieurs ouvrages sur la vigne et le vin.
La vigne était cultivée à Cazes et Mondenard probablement depuis le début de l’ère chrétienne. On sait que les Romains, vers 122-120 puis à nouveau vers 58-50 avant Jésus-Christ, à l’occasion de la deuxième conquête conduite par Jules César plantèrent beaucoup de vignes dans leur nouvelle colonie. L’origine du vignoble de Cahors se situe entre ces deux conquêtes romaines. Philippe Auguste, roi de France entre 1180 et 1223, appréciait les vins et encouragera beaucoup la qualité. En l’an 1214, année de la bataille victorieuse de Bouvines, il organisa à Paris la première exposition des vins. Pour toute la Guyenne seuls quatre vins concoururent : Bordeaux, Verdelais (Loupiac), Saint-Émilion et Moissac. Les vins de Mondenard étaient connus sous l’appelation Moissac. La charte de coutumes de Mondenard en1246 prévoit dans ses articles 26 et 27 que les amendes et frais de justice pouvaient être payés en nature, soit en blé, soit en vin et l’article 27 précise “ aissi co an faig sa en reire, en la honor, de Monlanart ”. Ainsi qu’il se faisait par le passé, dans le ressort de Mondenard, c’est donc que les vins de Mondenard étaient traditionnellement de qualité, puisqu’ils pouvaient se conserver et servir de monnaie d’échange au même titre que le blé. Dans un texte plus tardif du milieu du XVIe siècle, on apprend que le vin des caves du château de Mondenard était particulièrement bon. Nous y reviendrons plus tard quand nous atteindrons la période des guerres de religion. Rien d'étonnant que le chasselas de Moissac se soit tant développé à Cazes-Mondenard.