14 Les Seigneurs de Mondenard signent procuration pour la donation de Cazes et de leur château au Comte (20 avril 1246) - La donation ne fut signée par Vital de Montaigut et Tondut de Mondenard que le 3 mai 1246.
La concession de Coutumes à Lauzerte par Raymond VII en février 1241, ainsi que le trafic sur les routes qui y conduisaient, favorisèrent grandement l’implantation d’activités économiques dans cette ville au détriment de Cazes, des habitants autour du château de Mondenard et des villages voisins.
Les Seigneurs de Mondenard réagirent et pour favoriser tant le développement économique de Cazes que le passage des pèlerins de St-Jacques de Compostelle, ils décidèrent de faire don de la juridiction de Mondenard, de Cazes et de leur château à Raymond VII, comte de Toulouse. En fait, ils ne cédaient que la suzeraineté et conservaient les droits seigneuriaux.
Cette donation intéressait aussi le comte de Toulouse qui pouvait mieux contrôler cette région par l'intermédiaire de son administration et placer ses propres troupes dans le château.
Un acte donnant procuration à deux chevaliers de Mondenard fut signé par les autres propriétaires le 20 avril 1246. Vital de Montaigut et Tondut de Mondenard reçurent pouvoir d’approcher le Comte de Toulouse et de lui transférer la seigneurie, la juridiction et les dépendances de Mondenard au nom de tous.
Les signataires de la procuration étaient les quatre fils d’Arnaud de Mondenard : Raymond, Bernard, Pons et Tondut de Mondenard, ainsi que Bernard de Narcès, Bernard de Noalhac Seigneur de Noalhac (près de Cazillac), Guillaume-Raymond de l’Escudaria et Bernard de Bosc-Rozo.
Armand de Mondenard, fils d’Arnaud de Montaigut, n’est pas mentionné dans cette donation, mais il est cité comme témoin à Toulouse, le 29 septembre de la même année avec son frère, Arnaud de Montaigu dans un acte concernant leur cousin, Fortanier de Gourdon.
La juridiction de Mondenard prévue par la donation ne se limitait pas à Cazes et au château, elle comprenait également les paroisses de St-Quintin et des Bruyères et s’étendait largement à l’Est puisqu’elle comprenait le Pech d’Acou et le Pech del Mas, proches de Tissac et de Vazerac.

Complément: Déja en 1237, Hugues-Arnaud de Creissac, baron de Lusech avait fait l'hommage de ses biens au Comte de Toulouse, dans lesquels étaient compris ses droits sur Mondenard et sur Sauveterre.

Le 9 novembre 1237, Hugues-Arnault de CREISSAC, chevalier (baron de Luzech fit hommage au Comte de Toulouse de tout ce qu'il tenait en fief dans les paroisses de Mondenard, de Sauveterre, ... (Justel, Histoire de la Maison de Turenne, preuves 154) Abbé Taillefer 1895.
Par une erreur de lecture du typographe, la date de 1237 est devenue 1287 dans un article de M. de Méric de Bellefon publié dans la revue historique de Corrèze  ( BSSHA ) en 1882. D'aucuns auraient pu remarquer que la date de 1287 ne pouvait correspondre au Comte Raymond de Toulouse, mais probablement pas le typographe.
M. de Bellefon présente un développement savant sur le baiser féodal:
" Le baiser féodal (osculum pacis) a toujours été regardé comme la conclusion du pacte de fidélité, de même que l'accolade était de rigueur pour être fait chevalier. En l'année 1287 (sic 1237), Hugo Arnauld, chevalier, assisté de Raymond de Turenne, et de plusieurs autres, se déclare le vassal de Raymond, Comte de Toulouse, pour le château et le fief de Lusech, de Saint-Médard, de Montcuq, de Montlenard et de Sauveterre. Après avoir fait hommage entre les mains du suzerain et renouvelé les promesses de fidélité, il jure sur les Saints Évangiles, tactis corporaliter Evangeliis sacrosanctis et ad majorem firmitatem, in osculo fidei, avec le baiser de fiance. C'était un honneur et un privilège d'être admis au baiser; les nobles seuls y avaient droit. Les roturiers baisaient le seigneur au pouce, à l'anneau ou au dos de la main; les femmes en étaient dispensées..."
On pourrait croire d'après ce texte que Hugues-Arnault de Creissac possédait tous les fiefs citées, en fait il possédait sur chaque terre des droits plus ou moins importants, partageant avec d'autres seigneurs la suzeraineté sur ces lieux.
L'erreur de date a été malheureusement reproduite par un auteur qui n'a pas vérifié ses sources. C'est ainsi que l'année suivante dans la Revue de l'Académie de législation de Toulouse (Tome 32), M. Georges Vidal, agrégé de la Faculté de Droit, d'un côté modifie le texte transcrit par Bellefon et donne Montlevard à la place de Montlenard, et d'un autre côté ne rétablit pas la bonne date: 1237.
On comprend que l'Abbé Taillefer ait corrigé l'erreur dans la revue du Tarn et Garonne ( BSATG - 1895).